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bobettehors ligne
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Hypothyroïdie auto i...
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 (p506447)
Posté le: 28. Mar 2019, 16:20
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Je ne me souvenais plus de ce sujet, pourtant il est chouette et mérite de (re) vivre...
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kihors ligne
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MessageBasedow dans la littérature

 (p508334)
Posté le: 15. Mai 2019, 09:19
Merci. Ce message m'a été utile ! dit : lin
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Au hasard d'une lecture un jour, un paragraphe sur Basedow et une dédicace à Lin, L'indignée Blume

Citation:
Moi, j'ai vécu de Basedow. Basedow, à mon sens, portait la lumière jusqu'aux racines de la vie : tous les organismes sont rangés en ligne ; à l'un des deux bouts, il y a la maladie de Basedow, qui signifie consommation follement prodigue de la force vitale, rythme précipité, battement effréné du cœur ; à l'autre bout sont relégués les organismes amoindris par une avarice congénitale, destinés à périr d'un mal qui a les apparences de l'épuisement mais qui est, au contraire, une sorte de lâcheté, de paresse ; au centre, enfin, le "juste milieu", simple étape des êtres en marche vers l'un ou l'autre extrême - improprement dénommée "santé". A partir de ce centre, du côté de Basedow, s'échelonnent tous ceux dont la vie se dépense et s'exaspère en vastes désirs, en ambitions, jouissances, travaux de toute espèce ; de l'autre côté, ceux qui ne jettent sur les plateaux de l'existence que des miettes, ceux qui épargnent pour faire ensuite supporter aux autres le fardeau de leur abjecte longévité. Poids nécessaire, paraît-il. Le genre humain progresse parce les basedowiens le poussent ; il évite les catastrophes parce que les autres le retiennent. Je suis convaincu qu'on aurait pu construire la société plus simplement, mais elle est ainsi faite. Il n'y a qu'à se résigner. A un bout le goitre ; à l'autre bout l'oedème ; au milieu, la tendance au goitre ou la tendance à l'oedème, mais nulle part la santé absolue. Nulle part.

Italo Svevo. La conscience de Zeno
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kihors ligne
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MessageLa Peste d'Albert Camus

 (p527406)
Posté le: 19. Mar 2020, 13:23
Merci. Ce message m'a été utile ! dit : Marina Mari
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Citation:
Pourquoi nous relisons La Peste de d'Albert Camus - via Le Figaro

A chaque chose malheur est bon, et si quelqu'un profite de l'épidémie qui, partout dans le monde, abat son rideau de souffrance, de solitude et de deuil, c'est peut-être Albert Camus -dont le célèbre roman La Peste a vu ses ventes multipliées par quatre au cours des dernières semaines. Avant même que le chef de l'État ne les invite solennellement à lire, beaucoup de Français ont dépoussiéré spontanément ce chef-d'oeuvre qui valut à l'écrivain son premier grand succès littéraire. Sans doute rappellera-t-il à certains des souvenirs de classe, puisque Camus s'invite presque toujours au baccalauréat.

Pourquoi retire Camus ? II y a d'abord cette ressemblance troublante, d'aucuns diront prophétique. Oran, début des années 1940 : dans l'insouciance du printemps naissant, la  ville regarde avec légèreté s'abattre sur elle un fléau que l'on rechigne tout d'abord à désigner par son nom. II y faut toute la pugnacité des médecins pour que le préfet se décide à prendre les mesures qui s'imposent. Partout pourtant la mort rode, d'abord éparse, puis de plus en plus évidente ,bientôt personne n'est épargné mais il est déjà trop tard, et les jours perdus en tergiversations se paient au prix fort. Le confinement est décrété, et au mal physique s'ajoutent les drames humains : familles éclatées, amants séparés. A la radio retentit chaque jour le sinistre décompte des victimes. De leur coté, les fake news vont bon train : certains cafés, qui tiennent lieu de réseaux sociaux à l'époque, prétendent même sur des affiches que « le vin probe tue le microbe »... Les docteurs, eux, improvisent comme ils peuvent : « nous avons encore tout à apprendre à ce sujet », avoue le narrateur.

La peste - Camus désigne par métaphore la montée du nazisme - n'est pas d'une époque plus que d'une autre. Les hommes se disent : « c'est un mauvais rêve qui va passer. Mais il ne passe pas toujours et, de mauvais rêve en mauvais rêve, ce sont les hommes qui passent ». La peste réveille aux yeux de tous l'intuition longtemps enfouie que l'existence est tragique, que leur bonheur est fragile. Encore que le bonheur, c'est vite dit ! II n'est pas si certain que la vie ait été beaucoup plus gaie avant l'épidémie. L'épreuve dessille parfois les yeux des hommes, comme cet employé de mairie qui s'en rend soudain compte : « On travaille tant qu'on en oublie d'aimer. » Saisis au cœur  d'eux-mêmes et désormais orphelins du confort d'autrefois, les hommes sont condamnés à ne plus voir que l'essentiel. Quand la peste frappe aux portes de la Ville, il n'y a plus de place pour l'accessoire.

Pourquoi retire Camus ? Parce qu'au-delà des coïncidences de circonstance, il nous met aux prises avec l'insondable mystère de la souffrance, dans son aveuglement le plus injuste. II y a cette mort bouleversante de l'enfant, l'innocent entre tous, frappé pourtant comme les autres - la peste ne fait pas la différence. Elle inflige aux hommes l'expérience de ['universel. « La peste, note le narrateur, fut notre affaire å tous. » Par conséquent, « chacun devait faire son devoir » : non que tous puissent lutter activement contre le mal, car cela seuls les médecins le peuvent, mais il est du ressort de tous les hommes de « retrouver leur bonheur et ôter à la peste cette part d'eux-mêmes qu'ils défendaient contre toute atteinte. » D'une somme de destins individuels, l'épidémie fait un seul destin collectif, chacun comprenant en lui-même et à rebours de la solitude du confinement que « les hommes ne pouvaient se passer des hommes ». Comment ne pas penser aujourd'hui à ces images, venues d’Italie, d'Espagne, d’Israël... où l'on entend depuis toutes les fenêtres les voix se mêler, le soir venu, pour chanter quelques instants ensemble ? 

Aux questions que pose la peste il n'est sans doute pas, dans le monde sans Dieu de Camus, de réponse définitive. Certains prient, d'autres non ; d'autres encore font l'offrande de leur devoir, sans rien espérer d'autre et pas même de victoire définitive, « sans lever les yeux vers ce Ciel où (Dieu) se tait ».

« Tout croire ou tout nier » : l'absurdité de la peste ne laisse aucune alternative. Ce ne sont plus les civilisations mais les hommes eux-mêmes qui se découvrent mortels, et peut-être l'avions-nous un peu oublié nous aussi. Reste que face à la peste, toute révolte, quelle qu'elle soit, est spirituelle, et sans doute est-ce pour cela que nous sommes si nombreux en ces jours à retire Camus.
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kihors ligne
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MessageLe dire et le faire

 (p529611)
Posté le: 16. Avr 2020, 20:33
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"À l’heure du soupçon, il y a deux attitudes possibles. Celle de la désillusion et du renoncement, d’une part, nourrie par le constat que le temps de la réflexion et celui de la décision n’ont plus rien en commun ; celle d’un regain d’attention, d’autre part, dont témoignent le retour des cahiers de doléances et la réactivation d’un débat d’ampleur nationale. Notre liberté de penser, comme au vrai toutes nos libertés, ne peut s’exercer en dehors de notre volonté de comprendre.

Voilà pourquoi la collection « Tracts » fera entrer les femmes et les hommes de lettres dans le débat, en accueillant des essais en prise avec leur temps mais riches de la distance propre à leur singularité. Ces voix doivent se faire entendre en tous lieux, comme ce fut le cas des grands « tracts de la NRF » qui parurent dans les années 1930, signés par André Gide, Jules Romains, Thomas Mann ou Jean Giono – lequel rappelait en son temps : « Nous vivons les mots quand ils sont justes. »

Puissions-nous tous ensemble faire revivre cette belle exigence."
Antoine Gallimard


Citation:
RÉGIS DEBRAY
LE DIRE ET LE FAIRE

Me faisant part de l’angoisse montante de ses patients, notamment les plus âgés, un ami médecin me dit: «L’inflation de la communication, c’est peut-être un progrès, mais cela perturbe les certitudes.» On ne peut mieux résumer le désarroi que donne ce tourbillon de propos plus ou moins autorisés qui fait perdre la tête, et le sens des choses. C’est l’inconvénient du numérique, et sans doute un progrès de la démocratie que chacun puisse donner son opinion sur tout, et de préférence sur ce qu’il ne connaît pas. La parole prolifère en même temps que le virus. Elle ne touche que l’esprit, c’est beaucoup moins grave. Avec un bémol: la sournoise montée d’un certain nihilisme, dont je ne suis pas sûr, comme l’ami Finkielkraut, qu’il soit vaincu. Tout peut se dire, et son contraire, sans que rien ne différencie le fondé de l’infondé. Donc tout se vaut et rien ne vaut. Qui croire? À qui s’en remettre? Où est la parole d’autorité?

Pas vraiment chez les autorités politiques. Ne tirons pas sur le pianiste, il faut bien improviser face à l’imprévisible. Mais les crises générales sont impudiques : elles déshabillent les rois et passent les sociétés aux rayons X, nous en montrant l’esprit. Soit un croissant décalage entre le dire et le faire, source de défiance et de suspicion. Nous sommes en guerre, nous dit-on, mais on cherche le général en chef, celui qui dit beaucoup en très peu de mots. Veni vidi vici. Sans remonter à César, souvenons-nous du Général, qui en quelques phrases, moins de trois minutes, pulvérise un coup d’État en Algérie, et plus tard, le psychodrame chaotique d’un long mois de Mai. Une phrase, un acte. Pas un mot de trop, et chaque mot à sa place. Comme la reine d’Angleterre, quatre minutes. Imperatoria brevitas. Autorité et brièveté sont synonymes. Un historien mettra demain en regard la dilution de la puissance publique, sur un demi siècle, et le délayage des allocutions officielles. Moins ça peut, plus ça cause.

Interrogé avant de mourir sur ce qu’il considérait comme « la caractéristique de notre temps », Malraux répondit sèchement : « L’absence de décision. » D’où sortent la demi-mesure militaire et le compromis parlementaire : un demi-soldat dans un demi-char et un allez voter et restez chez vous. On sait comment l’État en France, quand il a choisi de se suicider pour, dit-il, se moderniser, a inventé toutes sortes d’organes de défausse au titre plus ou moins pompeux – Comités, Hauts-Conseils, Observatoires, Forums, Conventions, etc. – et dix autres « autorités administratives indépendantes ». Ces inlassables fournisseurs de rapports pour rien ont pour la plupart l’utilité du figurant sur scène, quand l’acteur n’y est plus. L’ancien État-nation en panne de volonté et de substance a cru bon d’ajouter à la panoplie de ses abdications cette machine à ne pas prendre de décision qu’on appelle – un oxymore ? – l’Union européenne. Boîte à blabla et tiroir-caisse. La valise bruxelloise à double fond engage à sortir de l’histoire par la petite porte, non d’y rentrer par la grande. Les occasions d’essayer n’ont pourtant pas manqué. Celle-ci aurait pu, mais ne sera pas l’une d’elles.

Remarquée a été la présence ostentatoire, sur les plateaux, à côté de nos gouvernants, de consultants et d’experts. Ils se font escorter par un, ou même deux Conseils scientifiques, créés pour l’occasion, au nom desquels ils se prononcent. C’est pas nous, c’est Monsieur le professeur. Certains ont vu là une atteinte aux prérogatives de l’Exécutif. Je n’en suis pas si sûr. Le Pouvoir exécutif n’apparaît jamais seul en scène. Il a derrière lui, ou plutôt au-dessus, une transcendance en pointillé. Elle a changé de nature depuis saint Paul qui disait, en bon connaisseur de l’autorité : « Omnis potestas a Deo ». Tout pouvoir procède d’un grand Autre. Chaque époque le sien.

Le Chef l’est par délégation d’un surplomb, projection d’une verticale ici-bas. Le véritable commandant ne parle pas en son nom propre, car c’est toujours et partout un lieutenant – de Dieu, du Prolétariat, de la République ou de la France. Cette sujétion à plus grand que soi fait sa force. Saint Louis, Lénine, Clemenceau ou de Gaulle étaient d’autant plus écoutés qu’ils servaient de truchement à une valeur suprême. Quand on ne peut incarner cette transcendance – parce que l’ordinaire des temps ne s’y prête pas – force est de la mettre au dehors, à côté de soi, puisqu’elle n’est plus en dedans. En l’occurrence, la Science, arbitre suprême et sans réplique. Le problème est que la science médicale est par nature sujette à controverses, suppositions et incertitudes, en quoi justement elle est une science. C’est l’inconvénient d’avoir pour alibi une science expérimentale. Contrairement aux absolus d’antan, qui étaient des objets de foi, incontestables à ce titre, elle s’atteste dans et par le relatif. Avec un savoir heureusement et désespérément empirique, le pilier devient béquille. On chancelle.

Conséquence : plus de lest dans le discours. La communication, dont vit la classe politique qui s’imagine pouvoir survivre par elle à son discrédit, a tué le politique et ruiné sa crédibilité. Cet art meurtrier est aussi celui de ne pas répondre aux questions, mais très abondamment. Parmi ces « éléments de langage », il en est un qui frappe par son omniprésence : le viral « faire en sorte que » du politicien (en moyenne, trois ou quatre fois par minute). Ce n’est plus un tic mais un aveu. Puisque dire n’est plus faire, et que la parole n’est plus un acte, on annonce ce qu’on devra faire mais plus tard, sans préciser quand ni qui. Plutôt un souhait qu’un engagement. On aimerait bien que. On procrastine sur un coup de menton. Les avantages de la résolution sans les inconvénients. L’affiche sans la chose. C’est la ritournelle magique du désarroi – le stigmate rhétorique d’un temps malheureux qu’on espère bien provisoire, mais il en est tant d’autres qu’éprouvent soignants et malades dans leur chair, qu’on a presque honte de devoir évoquer celui-là, fut-ce en peu de mots. Mille excuses.

Régis DEBRAY
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